Vétérinaire examinant un chien pour prévenir les maladies transmissibles

Zoonoses du chien : maladies transmissibles à l’humain et prévention

Les chiens peuvent-ils transmettre des maladies aux humains ? Oui, certaines infections et certains parasites sont des zoonoses. Le risque reste toutefois généralement limité lorsqu’un chien est suivi par un vétérinaire, correctement protégé contre les parasites et que les règles d’hygiène essentielles sont respectées.

La proximité avec un chien apporte de nombreux bénéfices et ne doit pas devenir une source d’inquiétude permanente. L’objectif est simplement de connaître les principales voies de transmission, de reconnaître les situations à risque et d’adopter les bons réflexes.

Les principales mesures de prévention

  • faites suivre régulièrement votre chien par un vétérinaire ;
  • adaptez sa vaccination et ses traitements antiparasitaires à son mode de vie ;
  • ramassez rapidement ses déjections ;
  • lavez-vous les mains après avoir manipulé ses déjections, son urine ou une zone cutanée suspecte ;
  • ne laissez pas le chien lécher une plaie, les yeux ou la bouche ;
  • nettoyez régulièrement les gamelles, couchages et accessoires ;
  • consultez un vétérinaire en cas de symptômes inhabituels ;
  • consultez un médecin après une morsure, une exposition à la rage ou l’apparition de symptômes chez une personne exposée.

Qu’est-ce qu’une zoonose ?

Une zoonose est une maladie ou une infection dont l’agent pathogène peut être transmis naturellement entre un animal vertébré et l’être humain.

Elle peut être provoquée par :

  • une bactérie ;
  • un virus ;
  • un champignon microscopique ;
  • un parasite ;
  • plus rarement, un autre type d’agent infectieux.

Certaines zoonoses passent principalement de l’animal à l’être humain. Pour d’autres, une transmission dans les deux sens est possible.

Toutes les maladies du chien ne sont pas transmissibles à l’humain. Un chien atteint d’une maladie infectieuse n’est donc pas automatiquement dangereux pour son entourage.

Comment une maladie peut-elle passer du chien à l’humain ?

Par une morsure ou une griffure

Une morsure peut inoculer dans la plaie des bactéries présentes dans la gueule du chien. Elle peut également constituer une voie de transmission de la rage lorsque l’animal est infecté.

Une griffure contaminée par de la salive ou des salissures peut également s’infecter.

Par la salive

Le simple fait d’être léché sur une peau saine ne provoque pas systématiquement une maladie.

Il est néanmoins préférable d’empêcher le chien de lécher :

  • une plaie ;
  • une brûlure ;
  • une zone opérée ;
  • les yeux ;
  • la bouche ;
  • le visage d’un nourrisson.

Par les urines

Certaines bactéries, notamment les leptospires, peuvent être éliminées dans l’urine d’un animal infecté.

La contamination peut se produire directement ou par l’intermédiaire d’une eau, d’une boue ou d’un sol humide souillé.

Retrouvez notre guide complet sur la leptospirose chez le chien, sa transmission et sa prévention.

Par les déjections

Les selles peuvent contenir des œufs de parasites, des bactéries ou d’autres agents infectieux.

La transmission ne se fait pas nécessairement par contact direct avec une crotte fraîche. Certains œufs parasitaires peuvent contaminer le sol, le jardin, les chaussures ou les mains.

Par la peau et le pelage

Un chien atteint de teigne ou de gale sarcoptique peut transmettre l’agent responsable par contact direct ou par l’intermédiaire de son environnement.

Le couchage, les couvertures, les brosses et certains textiles peuvent également être contaminés.

Par des parasites ou des vecteurs

Un chien peut transporter dans son environnement des tiques ou des puces susceptibles de piquer ensuite une personne.

Dans ce cas, la transmission ne vient pas toujours directement du chien : le parasite ou l’insecte joue le rôle de vecteur.

Quelles sont les principales zoonoses associées au chien ?

La liste suivante n’est pas exhaustive. Elle présente les maladies les plus utiles à connaître dans la vie quotidienne avec un chien.

La rage

La rage est une maladie virale qui atteint le système nerveux. Le virus est principalement présent dans la salive de l’animal infecté.

La contamination se produit surtout :

  • par morsure ;
  • par griffure contaminée par de la salive ;
  • par contact de salive avec une plaie ;
  • par contact de salive avec les yeux, la bouche ou une autre muqueuse.

Une fois les symptômes déclarés, la rage est presque toujours mortelle. Une prise en charge médicale réalisée rapidement après une exposition permet toutefois de prévenir la maladie.

La rage est-elle présente en France ?

La France est reconnue indemne de rage terrestre. Cela ne signifie pas que le risque est totalement inexistant.

Il persiste notamment en raison :

  • des animaux infectés introduits depuis des pays où la rage circule ;
  • des voyages avec des animaux insuffisamment vaccinés ;
  • des contacts avec certains mammifères sauvages ;
  • des lyssavirus pouvant être présents chez les chauves-souris.

Ne manipulez jamais une chauve-souris à mains nues, même si elle paraît blessée ou morte.

La vaccination contre la rage

La vaccination antirabique n’est pas obligatoire pour tous les chiens vivant en France, mais elle est notamment exigée dans certaines situations :

  • voyage à l’étranger ;
  • entrée en France depuis certains territoires ;
  • chiens appartenant aux catégories réglementées ;
  • situations particulières définies par la réglementation.

Avant un voyage, demandez suffisamment tôt au vétérinaire de vérifier l’identification, le passeport et la validité du vaccin.

La leptospirose

La leptospirose est une maladie bactérienne pouvant toucher les chiens et les humains.

Les bactéries sont éliminées dans les urines de certains animaux infectés. Les rongeurs jouent un rôle majeur, mais d’autres mammifères, dont les chiens, peuvent également être porteurs.

Une personne peut être exposée lorsque de l’urine contaminée, de la boue ou une eau souillée entre en contact avec :

  • une plaie ;
  • une peau abîmée ;
  • les yeux ;
  • la bouche ;
  • le nez.

Si une leptospirose est suspectée chez votre chien :

  • portez des gants pour nettoyer ses urines ;
  • lavez-vous soigneusement les mains ;
  • empêchez les enfants d’approcher des zones souillées ;
  • suivez les consignes de désinfection du vétérinaire ;
  • contactez un médecin si une personne exposée développe des symptômes.

La teigne

La teigne est une mycose provoquée par des champignons microscopiques appelés dermatophytes.

Elle peut se transmettre :

  • par contact direct avec un animal infecté ;
  • par contact avec des poils contaminés ;
  • par les brosses, couvertures ou couchages ;
  • par l’environnement.

Quels signes observer chez le chien ?

  • zones circulaires sans poils ;
  • poils cassés ;
  • pellicules ;
  • croûtes ;
  • rougeurs ;
  • démangeaisons variables.

Certains chiens peuvent porter le champignon sans présenter de lésion évidente.

Quels signes observer chez l’humain ?

La teigne peut provoquer des plaques rouges, arrondies et souvent prurigineuses. Une atteinte du cuir chevelu peut entraîner des zones de cheveux cassés ou une perte de cheveux localisée.

Lorsque la teigne est diagnostiquée chez un chien :

  • suivez le traitement vétérinaire jusqu’à son terme ;
  • lavez-vous les mains après les soins ;
  • nettoyez les couchages et les textiles ;
  • évitez le partage des brosses et accessoires ;
  • demandez un avis médical si une personne présente une lésion suspecte.

La gale sarcoptique

La gale sarcoptique du chien est provoquée par un acarien microscopique. Elle entraîne généralement des démangeaisons très importantes.

Chez le chien, les lésions peuvent toucher notamment :

  • le bord des oreilles ;
  • les coudes ;
  • le ventre ;
  • le poitrail ;
  • les pattes.

La peau peut devenir rouge, croûteuse et perdre ses poils à cause du grattage.

L’acarien de la gale du chien peut provoquer chez l’humain des boutons et des démangeaisons localisées. Il ne se reproduit généralement pas durablement sur l’être humain.

Le traitement du chien et de son environnement est indispensable pour faire disparaître la source de contamination.

L’échinococcose

L’échinococcose est une zoonose parasitaire provoquée par de petits ténias du genre Echinococcus.

Le chien peut devenir un hôte du parasite notamment lorsqu’il consomme :

  • des rongeurs infectés ;
  • des viscères crus contaminés ;
  • certaines proies ;
  • des abats non contrôlés.

Un chien infecté peut éliminer des œufs microscopiques dans ses selles. Ceux-ci peuvent ensuite contaminer le sol, les végétaux, les mains ou parfois le pelage.

L’être humain s’infecte en avalant accidentellement ces œufs, généralement par un contact mains-bouche ou par un environnement contaminé.

Comment réduire le risque ?

  • ramassez les déjections du chien ;
  • lavez-vous les mains après le jardinage et avant de manger ;
  • lavez soigneusement les fruits et légumes consommés crus ;
  • ne donnez pas de viscères crus non contrôlés au chien ;
  • évitez qu’il chasse et mange des rongeurs ;
  • définissez avec le vétérinaire un protocole de vermifugation adapté à son exposition.

Une vermifugation mensuelle avec une molécule active contre les échinocoques peut être recommandée pour certains chiens particulièrement exposés, notamment dans les zones où le parasite circule. Cette fréquence n’est pas automatiquement nécessaire pour tous les chiens.

Les infections après une morsure

Une morsure de chien peut transmettre des bactéries présentes dans la gueule de l’animal, même lorsque le chien paraît en bonne santé.

Une plaie peut ensuite présenter :

  • une douleur croissante ;
  • une rougeur ;
  • un gonflement ;
  • un écoulement ;
  • une chaleur locale ;
  • de la fièvre.

Que faire immédiatement après une morsure ?

  • nettoyez immédiatement la plaie à l’eau et au savon ;
  • faites couler l’eau abondamment ;
  • retirez les saletés visibles sans creuser la plaie ;
  • rincez puis séchez doucement ;
  • appliquez un antiseptique ;
  • protégez la plaie avec un pansement propre ;
  • demandez rapidement un avis médical selon la profondeur et la localisation.

Une consultation rapide est particulièrement importante lorsque :

  • la morsure est profonde ;
  • elle touche la main, le visage, le cou ou une articulation ;
  • la victime est un enfant ;
  • la personne est immunodéprimée ;
  • le saignement est important ;
  • le statut vaccinal contre le tétanos n’est pas à jour ;
  • le chien est inconnu, errant ou vient d’un pays où circule la rage.

Surveillance du chien mordeur

En France, un chien ayant mordu une personne doit être présenté à un vétérinaire sanitaire, qu’il soit ou non vacciné contre la rage.

La surveillance comprend trois visites auprès du même vétérinaire :

  • une première visite dans les 24 heures suivant la morsure ;
  • une deuxième visite au plus tard le septième jour ;
  • une troisième visite le quinzième jour.

Le propriétaire doit contacter rapidement son vétérinaire afin de respecter l’ensemble des démarches sanitaires et réglementaires.

Les tiques et les puces sont-elles des zoonoses ?

Une tique ou une puce n’est pas une maladie, mais un parasite susceptible de transmettre certains agents infectieux.

Le chien peut ramener une tique dans la maison ou dans le véhicule. Celle-ci peut ensuite se déplacer et piquer une personne.

Pour réduire le risque :

  • utilisez un antiparasitaire adapté sur conseil du vétérinaire ;
  • inspectez le chien après les promenades ;
  • retirez rapidement les tiques avec un tire-tique ;
  • nettoyez régulièrement les couchages ;
  • traitez l’environnement en cas d’infestation par les puces.

Une maladie transmise par une tique n’est pas nécessairement transmise directement par le chien. L’exposition commune au même environnement peut expliquer que l’animal et son propriétaire soient tous deux concernés.

Qui doit être particulièrement vigilant ?

Certaines personnes peuvent présenter un risque accru de complication après une infection :

  • les nourrissons et jeunes enfants ;
  • les personnes âgées ;
  • les femmes enceintes ;
  • les personnes immunodéprimées ;
  • les personnes atteintes d’une maladie chronique importante ;
  • les personnes présentant des plaies ou une peau très abîmée.

La présence d’une personne vulnérable dans le foyer ne signifie pas qu’il faut se séparer du chien. Un suivi vétérinaire, une bonne hygiène et des recommandations médicales adaptées permettent généralement de maintenir une cohabitation sûre.

Comment prévenir les zoonoses au quotidien ?

Faire suivre le chien par un vétérinaire

Le vétérinaire peut adapter :

  • la vaccination ;
  • la protection contre les puces et les tiques ;
  • la vermifugation ;
  • les dépistages nécessaires ;
  • les mesures spécifiques avant un voyage.

Le protocole dépend de l’âge, de la santé, du lieu de vie, des voyages, de l’alimentation et des activités du chien.

Ramasser les déjections

Ramassez les selles :

  • dans les espaces publics ;
  • dans le jardin ;
  • sur les terrains d’activité ;
  • dans les zones fréquentées par des enfants.

Lavez-vous les mains après la manipulation du sac, même en l’absence de contact visible avec les selles.

Respecter une hygiène simple

  • lavez-vous les mains avant de préparer ou de consommer un repas ;
  • évitez de laisser le chien manger dans les assiettes humaines ;
  • nettoyez régulièrement ses gamelles ;
  • lavez les couchages selon les recommandations du fabricant ;
  • ne partagez pas les brosses entre un animal malade et un animal sain ;
  • portez des gants pour nettoyer les fluides biologiques d’un animal malade.

Surveiller les contacts avec les enfants

Apprenez aux enfants à :

  • se laver les mains après avoir joué avec le chien ;
  • ne pas toucher ses selles ou son urine ;
  • ne pas approcher leur visage de sa gueule ;
  • ne pas déranger un chien qui mange, dort ou souffre ;
  • appeler un adulte lorsqu’ils trouvent un animal blessé ou inconnu.

Cette surveillance permet de réduire à la fois les risques infectieux et les risques de morsure.

Consulter en cas de symptôme

Contactez un vétérinaire lorsque votre chien présente notamment :

  • des plaques sans poils ;
  • des démangeaisons intenses ;
  • des lésions cutanées inhabituelles ;
  • des vomissements ou diarrhées persistants ;
  • une modification des urines ;
  • une jaunisse ;
  • des troubles neurologiques ;
  • un changement brutal de comportement.

Un changement soudain peut traduire une maladie ou une douleur. Consultez notre article sur les changements de comportement pouvant évoquer une douleur chez le chien.

Peut-on continuer à caresser et vivre normalement avec son chien ?

Oui. La prévention des zoonoses ne consiste pas à supprimer les contacts normaux avec son animal.

Un chien en bonne santé, suivi par un vétérinaire et vivant dans un environnement correctement entretenu présente généralement un risque faible pour son entourage.

Les gestes réellement utiles sont simples :

  • se laver les mains lorsque la situation le nécessite ;
  • ramasser les déjections ;
  • traiter rapidement les maladies et parasites ;
  • éviter le léchage des plaies et du visage ;
  • respecter les vaccinations et démarches liées aux voyages ;
  • demander conseil à un professionnel en cas de doute.

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Retrouvez également nos autres conseils dans la catégorie Prévention et sécurité du chien.

Cet article fournit des informations générales. Il ne remplace pas un diagnostic vétérinaire ou un avis médical. En cas de morsure, d’exposition à la rage ou de suspicion de maladie transmissible, contactez rapidement les professionnels de santé compétents.

Sources utiles

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