Chien tenu en laisse à distance de chenilles processionnaires

Chenilles processionnaires et chien : que faire en cas de contact ?

Votre chien vient de renifler, lécher ou prendre une chenille processionnaire dans sa gueule ? Protégez-vous avec des gants, rincez immédiatement les zones exposées et contactez un vétérinaire en urgence.

Les chenilles processionnaires possèdent des poils microscopiques extrêmement urticants. Un contact direct avec une chenille n’est pas toujours nécessaire : ces poils peuvent être transportés par le vent, rester autour des nids ou se déposer sur le sol, les végétaux et le pelage des animaux.

Chez le chien, les lésions touchent fréquemment la gueule, la langue, la face ou les yeux. Une atteinte respiratoire ou une réaction allergique grave peut également survenir.

Les premiers réflexes en cas de contact

  • éloignez immédiatement votre chien de la zone ;
  • mettez des gants avant de le toucher ;
  • empêchez-le de se lécher ou de se frotter le visage ;
  • rincez abondamment les zones exposées avec de l’eau propre et fraîche ;
  • en cas de contact avec la bouche, effectuez un rinçage doux sans diriger l’eau vers la gorge ;
  • en cas de contact avec les yeux, rincez avec du sérum physiologique ou de l’eau propre ;
  • contactez immédiatement votre vétérinaire ou une clinique de garde ;
  • ne frottez pas les zones touchées ;
  • ne manipulez jamais les chenilles ou leur nid à mains nues ;
  • ne donnez aucun médicament sans consigne vétérinaire.

Pourquoi les chenilles processionnaires sont-elles dangereuses ?

Les chenilles processionnaires développent des soies urticantes microscopiques au cours de leur croissance.

Lorsqu’elles se sentent menacées ou lorsque leurs nids sont manipulés, ces soies peuvent se détacher et être dispersées dans l’environnement.

En pénétrant dans la peau ou les muqueuses, elles libèrent des substances responsables d’une réaction inflammatoire parfois très importante.

Le chien est particulièrement exposé parce qu’il explore son environnement avec :

  • sa truffe proche du sol ;
  • sa langue ;
  • sa gueule ;
  • ses pattes ;
  • son pelage.

Il peut renifler une procession, lécher une zone contaminée ou essayer d’attraper une chenille en mouvement.

Un contact direct est-il nécessaire ?

Non. Les poils urticants peuvent être :

  • libérés par les chenilles ;
  • présents dans les nids, même après leur abandon ;
  • transportés par le vent ;
  • déposés sur l’herbe, les branches ou le sol ;
  • fixés sur le pelage d’un animal ;
  • présents sur des outils, vêtements ou objets ayant touché une zone infestée.

Il faut donc éviter de rester sous un arbre fortement infesté ou de laisser son chien explorer un ancien nid tombé au sol.

Quelles chenilles processionnaires rencontre-t-on en France ?

La processionnaire du pin

La processionnaire du pin se développe principalement sur différents pins et parfois sur des cèdres.

Ses nids d’hiver ressemblent généralement à des amas blancs et soyeux placés dans les branches exposées au soleil.

À la fin de leur développement, les chenilles descendent de l’arbre en file indienne afin de s’enfouir dans le sol. C’est lors de ces processions au sol que les chiens risquent particulièrement de les approcher.

Les descentes sont souvent observées entre l’hiver et le printemps, mais leur période exacte varie selon :

  • la région ;
  • les températures ;
  • l’altitude ;
  • les conditions météorologiques de l’année.

Des processions précoces ou tardives sont donc possibles.

La processionnaire du chêne

La processionnaire du chêne se développe sur différentes espèces de chênes.

Ses nids sont généralement installés sur le tronc ou les grosses branches. Contrairement à la processionnaire du pin, elle ne réalise pas habituellement une longue procession au sol pour s’enfouir.

Le risque d’exposition est surtout présent au printemps et en été, fréquemment entre avril et juillet, mais peut varier selon les conditions locales.

Les poils peuvent être dispersés autour des arbres infestés, notamment pendant les périodes sèches et venteuses.

Comment reconnaître une zone à risque ?

Certains indices doivent vous inciter à garder votre chien en laisse et à contourner la zone :

  • une file de chenilles se déplaçant au sol ;
  • des nids blancs et soyeux dans les pins ou les cèdres ;
  • des amas de soie sur le tronc ou les branches d’un chêne ;
  • des panneaux municipaux signalant une infestation ;
  • des arbres entourés de pièges ou de dispositifs de capture ;
  • une intervention de professionnels sur les arbres ;
  • un ancien nid tombé au sol.

Ne tentez pas d’examiner les chenilles de près pour les identifier. Maintenez une distance suffisante et éloignez également les enfants et les autres animaux.

Quels sont les symptômes après un contact ?

Les premiers signes peuvent apparaître très rapidement. Leur intensité dépend de la zone touchée et de la quantité de poils urticants.

Contact avec la bouche ou la langue

Le contact buccal est particulièrement préoccupant chez le chien.

Vous pouvez observer :

  • une salivation brutale et très abondante ;
  • un chien qui se frotte la gueule avec ses pattes ;
  • une douleur importante ;
  • des difficultés à fermer la bouche ;
  • un gonflement des babines ou de la langue ;
  • des difficultés à avaler ;
  • des vomissements ;
  • une langue rouge, violacée ou présentant des zones foncées ;
  • des ulcérations dans la bouche.

Dans les atteintes importantes, une partie de la langue peut ne plus être correctement irriguée et évoluer vers une nécrose.

Contact avec les yeux

Les poils urticants peuvent provoquer :

  • un œil rouge ;
  • un larmoiement important ;
  • une douleur oculaire ;
  • un chien qui garde l’œil fermé ;
  • un gonflement des paupières ;
  • une inflammation de la conjonctive ;
  • une atteinte ou une ulcération de la cornée.

Une atteinte oculaire doit être examinée rapidement afin de limiter les complications.

Contact avec la peau ou les pattes

Le chien peut présenter :

  • des rougeurs ;
  • des démangeaisons importantes ;
  • un gonflement localisé ;
  • des boutons ou plaques ;
  • un léchage intensif des pattes ;
  • une douleur au toucher.

Le léchage d’une patte contaminée peut ensuite transférer les poils urticants dans la bouche.

Inhalation des poils urticants

Une inhalation peut provoquer :

  • une toux ;
  • des éternuements ;
  • une respiration bruyante ;
  • une gêne respiratoire ;
  • un gonflement de la gorge ;
  • une détresse respiratoire dans les cas les plus graves.

Réaction allergique sévère

Plus rarement, une réaction générale importante peut entraîner :

  • un gonflement rapide de la face ou du cou ;
  • une grande faiblesse ;
  • des difficultés respiratoires ;
  • des muqueuses pâles ou bleutées ;
  • un effondrement ;
  • une perte de connaissance.

Ces signes constituent une urgence vitale.

Un changement soudain de comportement après une promenade peut également être lié à une douleur ou à une exposition irritante.

Que faire immédiatement après un contact ?

1. Éloigner le chien de la zone

Écartez-vous rapidement de la procession ou de l’arbre infesté sans marcher volontairement sur les chenilles.

Gardez votre chien en laisse et empêchez-le de :

  • retourner vers les chenilles ;
  • se lécher ;
  • se frotter la face dans l’herbe ;
  • toucher un autre animal ou une personne.

2. Vous protéger avant de le manipuler

Mettez des gants et évitez de toucher directement :

  • la gueule du chien ;
  • sa salive ;
  • les zones humides de son pelage ;
  • les chenilles ou leurs restes.

Les poils présents sur le chien peuvent également provoquer une irritation chez l’humain.

3. Rincer sans frotter

Rincez abondamment la zone exposée avec de l’eau fraîche et propre pendant plusieurs minutes.

Pour la bouche :

  • utilisez un débit doux ;
  • orientez l’eau de l’avant vers l’extérieur de la gueule ;
  • évitez de diriger l’eau vers la gorge ;
  • ne frottez pas la langue ou les muqueuses ;
  • ne forcez pas l’ouverture de la bouche si le chien souffre ou risque de mordre.

Pour les yeux, utilisez de préférence du sérum physiologique ou, à défaut, une eau propre à faible pression.

Pour le pelage ou les pattes, faites couler l’eau sans brosser ni frotter afin de ne pas casser ou disperser davantage les poils.

4. Appeler immédiatement le vétérinaire

Contactez votre vétérinaire ou une clinique de garde dès les premiers gestes effectués.

Indiquez :

  • l’heure approximative du contact ;
  • la zone du corps touchée ;
  • si le chien a pris une chenille dans sa gueule ;
  • les symptômes observés ;
  • l’évolution du gonflement ;
  • les gestes de rinçage déjà réalisés.

En France, vous pouvez également contacter un centre antipoison vétérinaire :

  • CAPAE-Ouest : 02 40 68 77 40 ;
  • CNITV : 04 78 87 10 40.

Les coordonnées officielles sont disponibles sur le site de l’Ordre national des vétérinaires.

5. Partir sans attendre l’évolution

Une langue encore peu gonflée peut évoluer rapidement. N’attendez pas l’apparition de zones noires, d’une gêne respiratoire ou d’une douleur intense avant de consulter.

Que ne faut-il surtout pas faire ?

  • ne touchez pas les chenilles ou les nids à mains nues ;
  • ne frottez pas la langue, les yeux, la peau ou le pelage ;
  • ne tentez pas de retirer chaque poil avec les doigts ;
  • ne faites pas vomir le chien ;
  • ne lui donnez pas d’antihistaminique ou d’anti-inflammatoire humain ;
  • n’appliquez pas d’alcool, de vinaigre, d’eau de Javel ou de produit ménager ;
  • ne brossez pas immédiatement un pelage contaminé ;
  • ne manipulez pas un nid tombé au sol ;
  • ne tondez pas et ne brûlez pas vous-même un nid infesté.

Que peut faire le vétérinaire ?

La prise en charge dépend de la zone touchée et de la gravité des lésions.

Le vétérinaire pourra notamment :

  • examiner attentivement la bouche, la langue et les yeux ;
  • effectuer un rinçage médical approfondi ;
  • administrer un traitement contre la douleur et l’inflammation ;
  • surveiller la respiration et le gonflement ;
  • mettre en place une perfusion si nécessaire ;
  • traiter les lésions oculaires ;
  • organiser une alimentation assistée si le chien ne peut plus manger ;
  • hospitaliser le chien dans les cas importants.

L’évolution de la langue doit parfois être surveillée pendant plusieurs jours. Lorsque les tissus sont trop endommagés, une partie nécrosée peut nécessiter une prise en charge chirurgicale.

Comment éviter les chenilles processionnaires en promenade ?

Observer les arbres et le sol

Surveillez particulièrement :

  • les zones plantées de pins, cèdres ou chênes ;
  • les lisières de forêt ;
  • les parcs urbains ;
  • les jardins publics ;
  • les campings ;
  • les terrains bordés d’arbres infestés.

Garder le chien en laisse dans les zones sensibles

Une laisse ou une longe permet d’éviter que le chien ne s’approche d’une procession avant que vous ne puissiez intervenir.

Lorsque des chenilles sont visibles, faites demi-tour ou contournez largement la zone. Demander uniquement au chien de marcher au pied à quelques centimètres des chenilles reste trop risqué.

Travailler le rappel et le renoncement

Un bon rappel et un apprentissage du renoncement peuvent aider à éloigner rapidement le chien d’un danger.

Ces apprentissages ne remplacent toutefois jamais la laisse dans une zone infestée.

Éviter les jouets posés au sol près des nids

Une balle, une corde ou un jouet tombé près d’une procession peut transporter des poils urticants.

Ne récupérez pas directement un objet contaminé à mains nues et ne le redonnez pas au chien sans nettoyage adapté.

Vérifier les alertes locales

Les communes, préfectures, parcs et réseaux spécialisés peuvent publier des signalements ou installer des panneaux autour des zones touchées.

Vous pouvez également consulter les informations de l’Observatoire des chenilles processionnaires.

Que faire si des nids sont présents dans son jardin ?

N’essayez pas de retirer ou de détruire vous-même un nid sans matériel ni formation adaptés.

Une manipulation incorrecte peut disperser une grande quantité de poils urticants dans le jardin, sur les vêtements et dans l’habitation.

Dans l’attente d’une intervention :

  • interdisez l’accès à la zone ;
  • gardez les chiens en laisse dans le jardin ;
  • éloignez les gamelles et les jouets ;
  • fermez les fenêtres proches en cas d’intervention ;
  • contactez la mairie, le gestionnaire du terrain ou un professionnel spécialisé ;
  • ne ramassez pas les chenilles avec un balai ou un souffleur.

La vigilance reste nécessaire après la disparition des chenilles

Les anciens nids et les zones contaminées peuvent encore contenir des poils urticants.

Restez donc prudent lorsque :

  • un nid vide est encore présent dans un arbre ;
  • un nid est tombé au sol ;
  • des branches infestées viennent d’être coupées ;
  • la zone a été récemment nettoyée ;
  • du vent souffle autour d’arbres fortement colonisés.

Votre chien est difficile à rappeler ou ramasse tout ce qu’il trouve en promenade ?

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Retrouvez également nos autres conseils dans la catégorie Prévention et sécurité du chien.

Cet article fournit des informations générales et ne remplace pas un avis vétérinaire. Toute exposition réelle ou supposée aux chenilles processionnaires nécessite un rinçage immédiat et un appel vétérinaire rapide.

Sources utiles

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